CNA conseille les producteurs sur les décisions relatives à la mécanisation agricole.

Cette étude compare l'achat, la location et l'externalisation de machines à partir des données du projet Campo Futuro.

29.10.2025 | 15h35 (UTC-3)
AIIC, édition Cultivar Magazine

La Confédération brésilienne d'agriculture et d'élevage (CNA) a lancé une étude novatrice pour aider les producteurs de soja et de maïs à choisir la meilleure stratégie de mécanisation agricole : achat, location ou externalisation des machines et équipements. L'enquête, intitulée « Machines agricoles : location, achat ou externalisation ? Faites le bon choix », compare ces trois modèles à partir des données du projet Campo Futuro.

Selon André Dobashi, producteur rural et président de la Commission nationale des céréales, fibres et oléagineux de la CNA (Confédération nationale de l'agriculture et de l'élevage), l'étude a été réalisée pour accompagner les producteurs dans leur prise de décision et non pour formuler une recommandation unique ou standardisée. « Il s'agit d'une recommandation invitant chaque producteur à analyser sa situation, en fonction de sa réalité, de son modèle ou de son système de production, à partir de données économiques », explique-t-il.

L'étude porte sur 12 régions stratégiques du Sud, du Midwest et de Matopiba+PA, qui représentent plus de 80 % des surfaces cultivées en soja aux États-Unis. L'analyse prend en compte des facteurs techniques, économiques et régionaux, et simule des scénarios de flux de trésorerie, la valeur actuelle nette (VAN), le seuil de rentabilité et l'analyse de sensibilité.

Coût élevé et crédit restreint. 

Entre 2019 et 2025, le prix des machines agricoles a fortement augmenté. Les données du projet Campo Futuro indiquent des hausses de prix comprises entre 131 % et 225 % pour les semoirs, entre 57 % et 124 % pour les moissonneuses-batteuses et entre 107 % et 154 % pour les tracteurs.

Parallèlement, les taux d'intérêt des principales lignes de crédit agricoles ont également augmenté de manière significative. Les taux du programme Moderfrota dans le cadre du programme Pronamp sont passés de 6 % à 12,5 % par an, tandis que ceux du programme Moderfrota traditionnel sont passés de 7 % à 13,5 %.

Ce contexte de coûts élevés et de crédit plus restreint a conduit de nombreux producteurs à rechercher des alternatives plus flexibles, telles que la location et l'externalisation de services.

L'externalisation se distingue particulièrement dans le domaine des récoltes.

D'après l'étude, l'externalisation s'est avérée plus avantageuse pour la récolte dans toutes les régions étudiées. Le coût élevé d'acquisition et d'entretien des moissonneuses-batteuses, conjugué à la nécessité d'une exploitation concentrée sur une courte période et au manque de main-d'œuvre qualifiée, rend le recours à des services spécialisés plus rentable.

L’externalisation présente toutefois aussi des défis, tels que la disponibilité limitée des prestataires de services pendant les périodes de pointe des récoltes, en particulier dans les régions plus isolées ou de plus petite taille.

En matière de semis et de pulvérisation, l'avantage varie selon les conditions régionales. La sous-traitance des semis s'est avérée plus rentable dans cinq des douze régions, principalement là où il n'y a pas de seconde culture de maïs. Pour la pulvérisation, l'étude a montré de meilleurs résultats avec un parc de matériel interne, compte tenu de la nécessité d'une application rapide et d'une intervention prompte face aux ravageurs et aux maladies.

Les loyers augmentent, mais ils restent plafonnés.

Le modèle de location reste peu répandu chez les producteurs de céréales, se concentrant principalement sur les grandes exploitations à vocation commerciale. Ce système permet l'accès à des machines modernes et réduit le capital immobilisé, mais, dans la plupart des cas, les simulations de CNA ont démontré que l'acquisition de leur propre parc de machines était plus avantageuse.

Les pratiques internationales confirment cette tendance.

L'étude souligne que des modèles de mécanisation plus flexibles sont déjà bien établis dans d'autres pays. Aux États-Unis, la location et l'externalisation sont courantes et offrent un large éventail de prestataires et de contrats de location flexibles. En Argentine, on estime qu'environ 60 % des opérations mécanisées sont réalisées par des prestataires de services, selon la Fédération des entrepreneurs de machines agricoles (Facma).

Ces expériences internationales confortent les conclusions du CNA, qui soulignent la nécessité de stratégies plus adaptables et financièrement efficaces au Brésil, notamment compte tenu de la hausse du coût des machines et de l'accès limité au crédit.

Un outil pratique pour faciliter la prise de décision.

En plus du rapport technique, CNA fournira un calculateur en ligne qui permettra aux producteurs de comparer, de manière personnalisée, les coûts et les avantages des différents modèles de mécanisation pour les opérations de plantation, de pulvérisation et de récolte.

S’appuyant sur des données réelles et des paramètres régionaux, cet outil permettra aux utilisateurs de saisir des informations telles que la superficie cultivée, le parc agricole disponible et les conditions de financement, et de générer une analyse visuelle et interactive des résultats. Selon la CNA (Confédération nationale de l’agriculture et de l’élevage), le calculateur sera mis à jour régulièrement avec les données des panels du projet Campo Futuro et les données de marché.

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