La domestication du blé modifie la lutte biologique contre les pucerons.

Cette étude compare le blé sauvage et le blé cultivé dans le centre géographique de la domestication de cette céréale.

07.07.2026 | 11h26 (UTC-3)
Schubert Peter, Cultivar Magazine
Photo : Adam Sisson / Université d'État de l'Iowa - Bugwood
Photo : Adam Sisson / Université d'État de l'Iowa - Bugwood

La domestication du blé a modifié l'interaction entre le puceron Rhopalosiphum padi et son parasitoïde Aphidius colemani. Des chercheurs ont comparé un génotype de blé sauvage collecté sur le mont Carmel en Israël avec le cultivar domestiqué ‘Galil’, utilisé dans la même région. Les résultats indiquent des effets distincts sur le ravageur et son ennemi naturel (DOI 10.3390/insects17070704).

L'hypothèse initiale prévoyait une meilleure performance des pucerons sur le blé cultivé et un parasitisme moindre sur ce matériel. L'expérience en serre a révélé un schéma plus complexe. À faible densité, le blé sauvage favorisait une augmentation plus rapide de la population de Rhopalosiphum padi. ​​Après trois jours, les plants sauvages comptaient en moyenne 71,6 pucerons par plant, contre 56,1 pucerons par plant pour les plants cultivés.

Introduction du parasitoïde

Cette tendance s'est inversée après l'introduction du parasitoïde. Douze jours plus tard, les plantes cultivées abritaient des populations de pucerons plus importantes. L'étude a dénombré environ 780 pucerons par plante de blé cultivé et environ 420 pucerons par plante de blé sauvage. Cette différence s'est produite malgré un parasitisme plus élevé chez les plantes cultivées.

Le parasitoïde Aphidius colemani s'est avéré plus efficace sur le blé cultivé. Le nombre de momies formées par plante a doublé sur ce type de blé par rapport au blé sauvage. Le taux de parasitisme était également plus élevé. Sur les plantes cultivées, 85,3 % des momies provenaient de parasitoïdes adultes, contre 53,2 % sur les plantes sauvages.

Le nombre de descendants du parasitoïde variait également selon le génotype du blé. Les plantes domestiquées produisaient 2,7 fois plus de guêpes adultes. Cette différence s'expliquait principalement par le plus grand nombre de mâles issus de ce matériel. La production totale de femelles était similaire pour les deux types de blé. Toutefois, la proportion effective de femelles était plus élevée chez le blé sauvage.

Caractéristiques de l'étude

Les chercheurs ont utilisé des semences de Triticum turgidum subsp. dicoccoides, une espèce de blé sauvage. Ce matériel provenait d'une population naturelle située près de Beit-Oren, en Israël. Le cultivar « Galil » de Triticum aestivum représentait le blé domestiqué. Les deux espèces présentent une maturation tardive.

Les plantes ont reçu six pucerons adultes Rhopalosiphum padi. ​​Au bout de trois jours, une femelle Aphidius colemani a été introduite dans chaque cage pendant deux heures. Les chercheurs ont suivi la formation des momies, l'émergence des parasitoïdes et la croissance des populations de pucerons. Les plantes ont été maintenues dans une serre à une température de 25 °C, avec une variation de 3 °C.

L'étude a également mesuré la biomasse végétale. À la fin de l'expérience, le blé cultivé présentait une masse sèche aérienne supérieure, atteignant en moyenne 302 milligrammes, contre 179 milligrammes pour le blé sauvage. La densité finale de pucerons par unité de biomasse ne différait pas significativement entre les génotypes. Néanmoins, la population totale finale de pucerons était plus élevée chez le blé cultivé.

Différents mécanismes

Les données suggèrent différents mécanismes de limitation des populations. Chez le blé sauvage, la compétition entre pucerons pourrait avoir limité la prolifération du ravageur à des densités élevées. Chez le blé cultivé, l'activité des parasitoïdes semble avoir exercé une pression plus importante sur la population.

Les chercheurs insistent sur la prudence quant à l'interprétation des résultats. L'étude n'a porté que sur un seul génotype sauvage et un seul génotype domestiqué. Le nombre de réplicats a également été réduit. Toutefois, les organismes utilisés provenaient de la même région géographique et avaient déjà été en contact. Cette condition renforce la pertinence écologique des interactions observées.

La conclusion met en évidence des effets variables de la domestication sur les ravageurs et leurs ennemis naturels. Le blé domestiqué a favorisé une population finale de pucerons plus importante, mais a également accru la lutte biologique exercée par Aphidius colemani. Cette lutte peut compenser partiellement l'infestation par Rhopalosiphum padi chez les cultivars de blé.

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