Le marché mondial des engrais entre dans une nouvelle phase de contraction.

Rabobank prévoit une baisse de la demande en 2025 et un ralentissement plus marqué en 2026, en raison des prix élevés.

03.11.2025 | 17h07 (UTC-3)
Cultivar Magazine, basé sur les informations de Vitória Cecilia

Le marché international des engrais entre dans une nouvelle phase de contraction, la hausse des prix commençant à peser sur la demande mondiale. C’est ce que constate Rabobank dans une analyse signée par Bruno Fonseca, analyste sectoriel de la banque spécialisé dans les intrants, publiée aujourd’hui (3 novembre).

Selon l'étude, ce changement cyclique, déjà anticipé dans une projection publiée en avril, est désormais confirmé par la baisse continue de l'indice d'accessibilité aux engrais, un indicateur qui mesure le rapport entre le prix et le pouvoir d'achat des producteurs. Bien que certaines régions fassent encore preuve de résilience, la tendance générale laisse présager un affaiblissement de la demande en 2025 et un ralentissement plus marqué en 2026.

La moyenne mobile sur 12 mois de l'indice est déjà passée en territoire négatif, ce qui, selon Rabobank, confirme le début d'un nouveau repli, similaire à la contraction enregistrée lors des périodes précédentes. 

La dynamique des marchés régionaux demeure instable. Aux États-Unis, les tensions géopolitiques et les droits de douane devraient peser sur le coût des intrants agricoles. En Europe, le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF) risque d'entraîner une nouvelle hausse des prix. Au Brésil, les producteurs sont confrontés à des marges réduites et à des restrictions de crédit, même si les livraisons d'engrais pourraient atteindre des niveaux records en 2025.

La Chine reste concentrée sur l'offre intérieure, réduisant ses exportations, tandis que l'Inde continue d'influencer le commerce mondial de l'urée grâce à ses ventes aux enchères, qui fixent les prix internationaux.

Urée, phosphates et potassium

La consommation d'urée devrait diminuer en 2026, suite à la forte hausse récente des prix. Au Brésil, cette tendance se fait déjà sentir avec le remplacement partiel de l'urée par du sulfate d'ammonium.

Les engrais phosphatés sont également confrontés à des prix élevés, ce qui devrait entraîner une baisse de 4 % de la consommation mondiale en 2025, et de nouvelles réductions sont prévues pour l'année suivante. Le recul des exportations chinoises a été partiellement compensé par une hausse des expéditions en provenance du Maroc et d'Arabie saoudite, mais le volume total des échanges reste faible.

Concernant le potassium, la consommation s'est redressée en 2024, sous l'effet de la baisse des prix. Cependant, une nouvelle baisse est attendue en 2025, avec une remontée des prix. Le Brésil devrait accroître ses importations et compenser en partie le recul de la demande dans d'autres régions, mais si les prix élevés persistent, la consommation mondiale pourrait de nouveau diminuer en 2026.

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