Les bactéries responsables du flétrissement bactérien réduisent leur virulence en développant une résistance.

Une étude identifie des coûts d'adaptation chez Ralstonia solanacearum et suggère l'utilisation de bactériophages comme stratégie de contrôle.

05.03.2026 | 10h37 (UTC-3)

les bactéries Ralstonia solanacearumL'agent du flétrissement bactérien peut développer une résistance aux bactériophages et aux antibiotiques, au prix d'une réduction de ses facteurs de virulence. Cette conclusion est issue d'une étude récente.

Des chercheurs ont isolé un nouveau bactériophage de la rhizosphère de plants de tabac présentant des symptômes de la maladie. Ce virus, nommé YIMV22001R, infecte des souches du complexe. Ralstonia solanacearum et a montré un potentiel en tant qu'agent de lutte biologique. L'analyse génomique a révélé un ADN double brin de 65 707 paires de bases et une absence de gènes associés à la virulence ou à la résistance aux antibiotiques.

mutants résistants

L'équipe a évalué des mutants bactériens résistants à un bactériophage, à l'ampicilline, et simultanément résistants aux deux. La croissance des souches résistantes était similaire à celle de la souche originale. Cependant, les mutants présentaient une réduction significative de leur mobilité, de la formation de biofilm et de leur survie dans le sol. La diminution la plus marquée a été observée chez les mutants présentant la double résistance.

La mobilité bactérienne influence la colonisation de l'hôte et la progression de la maladie. La formation de biofilms favorise également la survie des bactéries dans le xylème et à la surface des plantes. Une réduction de ces caractéristiques indique une perte d'adaptation écologique suite à l'apparition de résistances.

Les chercheurs ont également observé une résistance croisée à certains antibiotiques. Les souches résistantes à l'ampicilline ont acquis une tolérance supplémentaire au chloramphénicol, à la ceftriaxone et à la céphalexine. L'analyse de l'expression génique a révélé une activité accrue du gène blaOXA-249, associée à la résistance aux antibiotiques bêta-lactamines.

Infection abortive

La résistance aux bactériophages résulte de l'activation d'un mécanisme de défense appelé infection abortive. Dans ce processus, la cellule bactérienne infectée active des gènes de défense et interrompt sa propre multiplication. Cette stratégie empêche la réplication virale et protège la population bactérienne.

Malgré ce mécanisme de défense, les auteurs soulignent que l'évolution de la résistance impose des coûts biologiques aux bactéries. Ces coûts incluent une mobilité réduite, une diminution de la formation de biofilm et une survie moindre dans le sol. Ces pertes peuvent réduire la capacité du pathogène à provoquer une maladie.

Plus d'informations sur doi.org/10.3390/agriculture16050595

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