Les champignons endophytes présentent une activité contre les punaises brunes.

Cette étude a évalué Trichoderma asperelloides SF001 et Beauveria bassiana SF002 dans le soja et les Euschistus heros adultes.

08.07.2026 | 08h02 (UTC-3)
Schubert Peter, Cultivar Magazine
Photo: Jovenil José da Silva / Embrapa
Photo: Jovenil José da Silva / Embrapa

Des chercheurs brésiliens ont évalué le potentiel de deux isolats fongiques endophytes indigènes pour lutter contre la punaise brune (Euschistus heros) dans le soja. L'étude a testé Trichoderma asperelloides SF001 et Beauveria bassiana SF002 en conditions contrôlées. Les deux micro-organismes ont augmenté la mortalité des insectes adultes et modifié l'expression d'enzymes impliquées dans la défense des plantes (DOI 10.1016/j.cropro.2026.107762).

L'étude indique une efficacité de 58 % pour Trichoderma asperelloides SF001 et de 46 % pour Beauveria bassiana SF002 contre les adultes d'Euschistus heros. La mortalité dans le groupe témoin non traité a atteint 48 %. Le traitement avec SF001 a permis d'obtenir un taux de mortalité de 78 %, et celui avec SF002, de 72 %. L'essai a duré sept jours après l'application.

Format de recherche

Les chercheurs ont utilisé des bouillons de fermentation des deux champignons. Les applications contre les adultes d'Euschistus heros ont été réalisées dans des récipients contenant dix insectes et des gousses de soja commerciales comme nourriture. Le volume de bouillon utilisé était de 100 litres par hectare. Les traitements fongiques ont nécessité 0,350 litre de bouillon de fermentation par hectare. L'essai comportait cinq répétitions par traitement.

activité chitinolytique

L'analyse de l'activité chitinolytique a révélé des différences entre les isolats. Beauveria bassiana SF002 a présenté une activité chitinase presque deux fois supérieure à celle de Trichoderma asperelloides SF001. Ce résultat était cohérent avec le test de dégradation de la cuticule de la punaise. Le bouillon de fermentation de SF002 a également favorisé une dégradation de la cuticule in vitro plus importante.

Malgré une activité chitinase plus faible, SF001 a également dégradé la cuticule et augmenté la mortalité des insectes. Selon les chercheurs, d'autres mécanismes pourraient contribuer à cette action. L'analyse métabolomique par UHPLC-Q-TOF a révélé des profils chimiques distincts entre les champignons.

Le bouillon de fermentation de Trichoderma asperelloides SF001 a permis d'identifier 15 composés. Parmi eux figuraient des peptaïbols, principalement des dérivés d'aspérellines et de trichotoxines. Des composés indoliques et des métabolites d'autres classes ont également été détectés. Le bouillon de fermentation de Beauveria bassiana SF002 a permis d'identifier dix composés, dont des peptides cycliques et des cyclodepsipeptides, ainsi que des composés indoliques et d'autres métabolites.

Application foliaire

Chez le soja, des chercheurs ont évalué l'application foliaire de bouillons fermentés sur des plants au stade de croissance V5-V6. L'expérience a été menée sur le cultivar Brasmax Lótus IPRO, cultivé en pots de quatre litres. Les traitements comprenaient de l'eau, le bouillon SF001, le bouillon SF002 et un mélange des deux bouillons à parts égales.

Les analyses ont mesuré les activités de la peroxydase, de la polyphénol oxydase et de la phénylalanine ammonia-lyase sept et quinze jours après l'application. Ces enzymes interviennent dans les voies métaboliques associées à la défense des plantes, au métabolisme des phénols et au renforcement de la paroi cellulaire.

L'association de SF001 et SF002 a augmenté les réponses enzymatiques par rapport aux applications individuelles, avec des effets persistant jusqu'à 15 jours après le traitement. Concernant la peroxydase, l'interaction entre les champignons est apparue à sept jours et s'est maintenue à 15 jours. Pour la phénylalanine ammonia-lyase, les deux champignons ont présenté des effets individuels à sept jours, tandis que leur interaction est devenue significative à 15 jours. Pour la polyphénol oxydase, l'interaction est également devenue manifeste à 15 jours.

Réponses physiologiques

Les chercheurs interprètent ces résultats comme indiquant des réponses physiologiques chez le soja non prévisibles par l'action isolée de chaque champignon. L'étude n'attribue pas ces effets à des métabolites spécifiques, car les analyses ont utilisé des bouillons de fermentation entiers et non des composés purifiés.

Les données confirment le potentiel d'un consortium associant Trichoderma asperelloides SF001 et Beauveria bassiana SF002 dans le cadre de stratégies intégrées de lutte contre Euschistus heros. Ces travaux soulignent la nécessité de mener des études de terrain, d'évaluer la compatibilité de ce consortium avec les programmes de gestion intégrée des ravageurs et de développer des formulations stables avant toute utilisation pratique dans les systèmes de production de soja.

Ce travail a été développé par João Arthur dos Santos Oliveira, Natieli Jenifer Mateus Corniani, Erika Fritegotto Leite, Livian Yumi Iwaoka, Giovana Gomes Ferreira Matos, Gabriela Bissoli Silva, Luana Thais Varize Marcusso, Carlos Augusto Corniani da Silva et Willian Martire Marcusso.

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