Un composé volatil d'origine végétale renforce l'efficacité des insecticides contre la chenille Helicoverpa armigera.

Une étude indique que l'acétate de (Z)-3-hexényle interfère avec la détoxification médiée par le cytochrome P450.

03.06.2026 | 08h03 (UTC-3)
Schubert Peter, Cultivar Magazine
Photo : Antoine Guyonnet, Lépidoptères Poitou-Charentes
Photo : Antoine Guyonnet, Lépidoptères Poitou-Charentes

L'acétate de (Z)-3-hexényle a augmenté l'efficacité des composés d'origine végétale et des insecticides de synthèse contre Helicoverpa armigeraD'après une étude menée par des scientifiques chinois, ce composé volatil végétal pourrait agir comme un synergiste naturel contre la chenille. Cet effet résulterait d'une interférence avec le système de détoxification via le cytochrome P450.

Le composé, identifié par l'acronyme HAC, appartient à la famille des composés volatils des feuilles vertes. La plante libère ces substances après une attaque d'herbivores. Les chercheurs soulignent que le HAC, un composé volatil induit par l'herbivorie, pourrait permettre de réduire les limitations liées à d'autres synergistes, telles que les coûts de production et les problèmes de biosécurité.

L'étude a évalué l'interaction de l'HAC avec les métabolites secondaires des plantes et les insecticides de synthèse. Parmi les composés végétaux testés figuraient les flavonoïdes, l'acide tannique et la coumarine. Parmi les insecticides, les chercheurs ont analysé… benzoate d'émamectine, spinétoram, tébufénozide, chlorfénapyr e chlorantraniliproleL'HAC a accru la toxicité de ces produits pour la chenille.

Évaluation détaillée

L'émamectine a fait l'objet d'une évaluation plus approfondie. Les chercheurs ont utilisé cet ingrédient comme composé représentatif dans des bioessais en serre. Lors de ces tests, l'exposition à l'HAC et l'application foliaire du composé volatil ont renforcé l'action insecticide dans des conditions de culture protégées naturelles.

Les données transcriptomiques et enzymatiques ont révélé une altération profonde de la régulation de la détoxification lors du stress induit par l'émamectine. L'expression des gènes du cytochrome P450 et l'activité des oxydases à fonction mixte ont augmenté après une exposition isolée à l'HAC ou à l'émamectine. Cependant, l'administration concomitante des deux produits a fortement inhibé ces réponses.

mécanisme de synergie

Ce résultat suggère un mécanisme synergique. L'HAC non seulement potentialise l'effet de l'insecticide, mais il perturbe également une voie métabolique utilisée par l'insecte pour métaboliser les composés toxiques. Cette détoxification altérée réduit la capacité de la chenille à neutraliser l'émamectine.

Les chercheurs attribuent cette découverte au problème de la résistance métabolique. L'utilisation intensive d'insecticides favorise les populations ayant une plus grande capacité de détoxification. Cette réaction réduit l'efficacité des traitements et incite à renouveler les applications. L'association avec des synergistes peut accroître l'efficacité des principes actifs et limiter le besoin de doses plus élevées ou d'applications supplémentaires.

Les scientifiques pointent du doigt les limites des synergistes de synthèse déjà utilisés dans les formulations commerciales. Le butoxyde de pipéronyle, par exemple, est un composé associé à des préoccupations écologiques et toxicologiques. Les formulations complexes se heurtent également à des obstacles réglementaires. Dans ce contexte, les substances végétales à action synergique suscitent un intérêt croissant pour les programmes de lutte intégrée contre les ravageurs.

L'étude positionne HAC comme un candidat pour une gestion durable de Helicoverpa armigeraLa conclusion des scientifiques indique l'utilisation potentielle de ce composé volatil comme synergiste naturel pour les insecticides biologiques et chimiques.

Plus d'informations sur doi.org/10.1127/entomologia/3790

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