Une étude examine les gains génétiques en matière de rendement du blé.

L'analyse des essais indique des progrès liés au maintien de l'adaptation des cultivars.

04.03.2026 | 15h14 (UTC-3)
Cultivar Revista
Patricio Grassini, professeur à l'Université du Nebraska-Lincoln, était l'un des participants à l'étude.
Patricio Grassini, professeur à l'Université du Nebraska-Lincoln, était l'un des participants à l'étude.

L'amélioration génétique a permis d'accroître les rendements du blé de 73 kg par hectare et par an. Cependant, près de la moitié de cette progression ne résulte pas d'une augmentation du potentiel productif. Selon une étude menée par un groupe de scientifiques internationaux, ce gain est également dû aux efforts déployés pour maintenir l'adaptation des cultivars à l'environnement agricole.

Des chercheurs ont analysé les données d'essais multicentriques menés en Argentine, aux États-Unis, au Royaume-Uni et en France. L'ensemble de données comprenait 849 cultivars évalués sur 17 sites, soit 13 003 combinaisons de cultivar, de site, d'année et de traitement fongicide.

Deux sources

Les résultats indiquent deux sources distinctes d'augmentation des rendements. L'accroissement du potentiel de rendement des cultivars modernes a contribué à hauteur de 40 kg/ha par an. Parallèlement, les programmes de sélection axés sur le maintien de l'adaptation ont permis d'obtenir 33 kg/ha par an en prévenant le déclin des rendements observé chez les cultivars plus anciens.

Ce processus s'explique par la perte de performance des variétés anciennes au fil du temps. Les changements climatiques, les agents pathogènes, les pratiques agricoles et les conditions du sol entraînent un phénomène appelé « érosion des rendements ». La mise sur le marché de nouvelles variétés compense cette perte d'adaptation.

Dans les essais analysés, la productivité des cultivars de référence a diminué de 33 kg/ha par an lorsqu'ils étaient traités avec un fongicide. Sans fongicide, la diminution atteignait 64 kg/ha par an, ce qui indique une sensibilité accrue aux maladies foliaires au fil du temps.

contrôle chimique

L'analyse a également mis en évidence un impact significatif de la lutte chimique contre les maladies. En moyenne, l'application de fongicides a augmenté le rendement de 1 285 kg/ha, soit l'équivalent de 20 % de la productivité des parcelles non traitées.

Les chercheurs ont utilisé la moyenne des dix cultivars les plus productifs de chaque année d'essai comme indicateur du potentiel de rendement. L'étude n'a révélé aucune tendance climatique pertinente susceptible d'expliquer les variations de productivité observées au cours de la période évaluée.

Biais dans les études

La principale conclusion met en évidence un biais fréquent dans les études sur le progrès génétique. Les comparaisons directes entre variétés anciennes et modernes dans les conditions actuelles peuvent surestimer les gains de potentiel de rendement, car elles ignorent l'érosion du rendement chez les variétés plus anciennes.

Le blé occupe 217 millions d'hectares dans le monde et fournit environ 20 % des calories et des protéines consommées par la population mondiale. Les gains de productivité continus réduisent la pression sur l'expansion agricole et les émissions liées à l'utilisation des terres.

Les auteurs soulignent que les programmes de sélection doivent poursuivre deux objectifs simultanés : accroître le potentiel productif et maintenir l’adaptation génétique face à l’évolution des maladies, des pratiques d’élevage et des facteurs environnementaux.

Plus d'informations sur doi.org/10.1038/s41467-026-69936-6

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