Le respect des réglementations renforce la sécurité juridique dans le secteur des engrais.
Par Irani Gomide Filho, d'Abisolo
Les guerres entre la Russie et l'Ukraine, et entre les États-Unis et Israël contre l'Iran, constituent une crise qui révèle des aspects inédits de la réalité et exige une réflexion stratégique. Ses répercussions dépassent le cadre militaire et affectent profondément la sécurité alimentaire mondiale. Pour le Brésil, puissance agricole d'envergure planétaire, l'instabilité internationale met en lumière une vulnérabilité structurelle : sa dépendance extérieure aux engrais et au diesel.
Plus de 80 % des intrants utilisés dans l'agriculture brésilienne proviennent de l'étranger. Le pays importe plus de 40 millions de tonnes par an et se classe au quatrième rang mondial des consommateurs, après la Chine, l'Inde et les États-Unis. Le potassium, le calcium et l'azote constituent la base nutritionnelle des cultures, tandis que le soja absorbe plus de 40 % des volumes utilisés. Cette dépendance, tolérée pendant des décennies pour des raisons de coûts et de commodité économique, est devenue un facteur de risque face aux perturbations logistiques, aux sanctions commerciales et à la volatilité des prix.
La hausse constante du coût des intrants, exacerbée par les pénuries mondiales, contraint les agriculteurs à des choix difficiles. La diminution de l'utilisation des engrais compromet la productivité et a un impact direct sur l'approvisionnement alimentaire. Parallèlement, la flambée des prix du pétrole exerce une pression à la hausse sur le coût du diesel, indispensable au fonctionnement des machines agricoles, tandis que le transport maritime est confronté à l'augmentation des coûts de fret et aux restrictions de navigation. Il en résulte un cercle vicieux de hausse des coûts qui affecte l'ensemble de la chaîne de production et se répercute inévitablement sur le consommateur.
Santa Catarina en subit déjà les conséquences. Le besoin annuel d'environ 500 000 tonnes d'engrais pour cultiver 1,4 million d'hectares témoigne de l'ampleur du défi. Des cultures comme le soja, le maïs, le riz et le blé, ainsi que la production de fruits et légumes, dépendent directement de ces intrants pour assurer leur viabilité sur des sols naturellement peu fertiles.
La contradiction brésilienne réside dans le fait que, malgré l'abondance de matières premières telles que le gaz naturel, les roches phosphatées et les réserves de potassium du Sergipe et de l'Amazonas, le pays ne parvient pas à atteindre la compétitivité industrielle. La désindustrialisation et l'absence historique de priorité stratégique pour le secteur ont consolidé sa dépendance extérieure.
Dans ce contexte, la recherche de l'autosuffisance cesse d'être une aspiration et devient une nécessité/priorité nationale. Le Plan national pour les engrais constitue une avancée significative en fixant l'objectif de réduire la dépendance d'ici 2050. Des initiatives telles que le Programme de développement de l'industrie des engrais, grâce à des incitations fiscales, ouvrent la voie à une solution pour remédier à cette faiblesse structurelle.
L’OCESC soutient que le Brésil doit restructurer sa politique en matière d’engrais dans une perspective à long terme, en intégrant la production nationale, l’innovation technologique et des pratiques de gestion favorisant la régénération et l’efficacité des sols. La sécurité d’approvisionnement en ces intrants est une condition indispensable à la souveraineté alimentaire, à la stabilité économique et à la protection des consommateurs.
Les crises internationales ne doivent pas être perçues comme une simple menace, mais comme un moteur de décisions stratégiques. Le Brésil possède les atouts nécessaires pour transformer sa vulnérabilité en force. L'agriculture nationale, pilier de l'économie, requiert des fondements solides, indépendants de facteurs externes imprévisibles.
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Par Irani Gomide Filho, d'Abisolo
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