Tendances de l'agro-industrie brésilienne en 2026
Par Fabrício Orrigo, directeur des produits agricoles chez TOTVS
Le 5 décembre, nous célébrons la Journée mondiale des sols, une date qui nous invite à porter un regard plus attentif sur cette ressource naturelle indispensable à la vie sur Terre. Pour celles et ceux qui œuvrent dans le domaine agricole, comme nous à Embrapa Cerrados, qui fêtera 50 ans de recherche en 2025, c’est aussi l’occasion de réaffirmer un engagement : celui de contribuer à préserver la vie, l’activité biologique, la productivité et la résilience de nos sols.
Le sol est essentiel à l'agriculture brésilienne. Il nourrit les plantes, stocke l'eau, séquestre le carbone, réduit les émissions de gaz à effet de serre, recycle les nutriments et abrite la plus grande biodiversité de la planète. De même que toute entreprise veille à la santé de ses employés pour qu'ils puissent accomplir leurs tâches efficacement, l'agriculture doit s'assurer de l'équilibre de ses sols. Un sol malade peut produire aujourd'hui, mais il compromet l'avenir.
Des sols sains sont synonymes de productivité accrue, d'une meilleure disponibilité en eau, de réduction des ravageurs, d'une séquestration du carbone plus importante, d'une diminution des gaz à effet de serre dans l'atmosphère et d'une alimentation de meilleure qualité. Des études scientifiques ont déjà démontré, par exemple, que le soja cultivé dans des sols sains présente une teneur plus élevée en protéines et en flavonoïdes. Ceci est important pour l'industrie, pour l'exportation et surtout pour l'alimentation humaine.
Mais la santé des sols ne se crée pas par hasard. Elle est le fruit d'une gestion intelligente, inspirée par la nature : diversité végétale, couverture végétale permanente (de préférence des plantes vivantes recouvrant le sol toute l'année), travail minimal du sol et intégration de l'agriculture, de l'élevage et de la sylviculture. Parmi les stratégies les plus efficaces, je souligne l'utilisation du brachiaria comme culture de couverture. Ses racines profondes transforment la structure du sol et renforcent sa vie biologique. C'est véritablement le meilleur « vaccin » pour la restauration des sols malades.
Pendant longtemps, l'analyse des sols s'est limitée à leur composition chimique : carences ou excès de nutriments. Or, le sol n'est pas seulement composé de sable, de limon et d'argile. Le sol est un organisme vivant ; il fonctionne comme un superorganisme. Et pour préserver cette vie, il est indispensable de la mesurer. C'est dans cette optique qu'après vingt ans de recherche, Embrapa a lancé en 2020 une technologie innovante : la Bioanalyse des sols (BioAS), un véritable « bilan sanguin » du sol, capable de diagnostiquer sa santé à partir de son activité biologique.
Ce test, actuellement disponible dans plus de 30 laboratoires commerciaux à travers le pays, membres du réseau Embrapa BioAS, repose sur le dosage de deux enzymes clés des cycles du carbone et du soufre afin de déterminer l'état de santé du sol : sain, dégradé, malade ou en cours de régénération. En partenariat avec ces laboratoires, nous constituons la plus grande base de données mondiale sur la santé des sols, couvrant les 27 États brésiliens et les systèmes agricoles les plus diversifiés, incluant les cultures et les pâturages.
Aujourd'hui, des milliers d'échantillons révèlent un message important : la plupart de nos sols sont sains ou en voie de régénération. Ces données témoignent des efforts et de l'engagement des agriculteurs brésiliens pour préserver le principal atout de leurs terres. Et le plus transformateur, c'est l'utilisation que nous en faisons. Chaque résultat publié par les laboratoires sera progressivement intégré à la plateforme Soil Health BR : des sols résilients pour des systèmes agricoles durables, lancée officiellement lors de la COP 30.
La plateforme fournit des données sur la santé des sols par État et par commune et collecte déjà des informations provenant d'environ 56 000 échantillons issus de 1 502 communes réparties sur l'ensemble du territoire national. Cet outil a été développé à partir des données géospatiales de BioAS. Le système permet de filtrer les données par État, commune, année, culture et texture du sol, ainsi que de comparer différentes cultures agricoles. Il génère également des cartes et des graphiques basés sur des fonctions de bioanalyse telles que le cycle, le stockage et l'apport des nutriments.
Prendre soin des sols, c'est prendre soin de l'eau, du climat, de la biodiversité et des êtres humains. Si les sols sont sains, tout l'écosystème prospère. C'est le mantra intemporel de l'agronomie, si bien diffusé par le Dr Ana Primavesi : des sols sains, des plantes saines, des êtres humains et des animaux en bonne santé, une planète saine. Tout est lié. C'est pourquoi, en cette Journée mondiale des sols, je réitère mon appel : continuons à reconnaître la valeur de ce patrimoine et adoptons des pratiques qui garantissent un environnement agricole productif, aujourd'hui et demain.
Le sol est vivant. Et, comme l’affirme le Dr Rattan Lal, lauréat du Prix mondial de l’alimentation (2020), étant l’essence même de toute vie, les sols ont le droit d’être protégés, restaurés, de prospérer et d’être gérés de manière responsable. C’est la voie qui permettra au Brésil de rester à la pointe de l’agriculture durable. Et c’est ce qui nous anime à Embrapa Cerrados depuis cinq décennies : produire des connaissances pour que la terre continue de produire la vie.
Par Iéda Mendes, Embrapa Cerrados
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Par Fabrício Orrigo, directeur des produits agricoles chez TOTVS
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