Virus de la polyédrose nucléaire multiple de Spodoptera (SfMNPV)

01.04.2025 | 14h05 (UTC-3)
Chenille tuée par un baculovirus - Photo : Fernando Valicente
Chenille tuée par un baculovirus - Photo : Fernando Valicente

Le Spodoptera multiple nucleopolyhedrovirus (SfMNPV) est un virus qui infecte les chenilles du genre Spodoptères.

Le SMNPV est organisé hiérarchiquement au sein du royaume des virus, embranchement Negarnaviricota, classe Monjiviricetes, ordre Ligamenvirales, famille Baculoviridae et genre Alphabaculovirus. Cette classification reflète leur relation évolutive avec d’autres virus à ADN qui infectent les insectes, en particulier les lépidoptères.

Le genre Alphabaculovirus est caractérisé par la formation de grandes inclusions cristallines appelées polyèdres, composées principalement de la protéine polyédrine, qui encapsule plusieurs virions (ODV – Occlusion-Derived Viruses). Ces polyèdres protègent le virus dans l’environnement extérieur et facilitent sa transmission entre les hôtes.

Biologie et cycle de vie

Le génome du SMNPV est composé d’ADN circulaire double brin, d’environ 130 à 150 kilobases de long, codant des gènes essentiels à sa réplication et à son interaction avec l’hôte.

L'infection commence lorsque les chenilles ingèrent les polyèdres présents dans les feuilles contaminées pendant qu'elles se nourrissent. Dans le tube digestif alcalin des chenilles, les polyèdres se dissolvent, libérant les ODV, qui pénètrent dans les cellules épithéliales de l'intestin moyen.

Après l'entrée, l'ADN viral est transcrit et répliqué dans le noyau cellulaire, initiant la production de deux types de virions : les BV (Budded Viruses), responsables de la dissémination systémique au sein de l'hôte, et les nouveaux ODV, encapsulés dans des polyèdres pour la phase suivante de transmission.

La progression de la maladie causée par le SfMNPV entraîne une destruction généralisée des tissus, entraînant des symptômes tels que la perte d’appétit, la léthargie, le jaunissement et la liquéfaction des tissus.

Finalement, la chenille meurt, libérant des milliers de polyèdres dans l’environnement pour infecter de nouveaux hôtes.

Pathogénicité et facteurs environnementaux

La pathogénicité du SfMNPV dépend de facteurs biologiques et environnementaux. Il est très spécifique aux espèces du genre Spodoptères, mais différents isolats peuvent varier dans leur efficacité contre des populations de chenilles spécifiques.

Les conditions environnementales, telles qu’une température modérée (20–30°C) et une humidité élevée, favorisent sa stabilité et son infectiosité.

Cependant, une exposition prolongée à la lumière ultraviolette peut dégrader les polyèdres, réduisant ainsi leur viabilité.

Importance dans la lutte biologique

Le SfMNPV est largement utilisé comme bioinsecticide sûr et efficace dans la lutte intégrée contre les ravageurs agricoles.

Sa spécificité pour les insectes cibles minimise les impacts sur les organismes non ciblés tels que les humains, les mammifères et les plantes. De plus, il ne laisse pas de résidus toxiques dans le sol ou sur les cultures, contrairement à de nombreux pesticides chimiques.

Isolats avec génomes entièrement séquencés - Source : doi.org/10.1016/j.jip.2021.107561
isole Spodoptera frugiperda nucléopolyédrovirus multiples avec des génomes entièrement séquencés - Source : doi.org/10.1016/j.jip.2021.107561

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